Grand Casablanca
La région de Casablanca est la plus grande région urbanisée du royaume du Maroc, avec une population de 3,6 millions d'habitants (2003) qui dépassera 4,6 millions en 2015 selon les estimations. La croissance démographique moyenne a été de 2,3% par an entre 2000 et 2005. 22% de la population urbaine du Maroc vit à Casablanca. 40% a moins de 20 ans (1994). La ville s’étendait sur 50 hectares seulement en 1907. Entre 1990 et 2000, la superficie de la ville est passée de 15.000 à 21.000 hectares. En 1996, une réforme administrative a conduit à l’inclusion de quelques communes voisines. La région « Grand Casablanca » a été créée en 1997. Elle est composée de 8 préfectures sur une superficie totale de 869 km².
Casablanca est un important centre économique et financier et l’un des plus grands ports d’Afrique. L’agglomération concentre 60% de l'industrie marocaine (cuir, textiles, mécanique, nourriture, et industries chimiques). Ceci induit une croissance urbaine rapide qui s’accompagne du développement de quartiers pauvres («bidonvilles»). De nouvelles zones industrielles sont actuellement en création. Un grand nombre de communes précédemment rurales comme Dar Bouazza, Médiouna, Mellil, Sidi Maarouf, Lisasfa, Ain Harrouda ou Bouskoura, ont été fortement touchées par la transformation des zones agricoles.
Urban Development Casablanca

“Afin de bien comprendre la diversité de cette métropole et de son développement urbain, il est nécessaire d’avoir un bref aperçu de son histoire. La ville fut fondée sur le site de la ville d’Anfa, plusieurs fois détruite. Elle a été construite selon une structure urbaine orientale et islamique, et ce jusqu’au début du vingtième siècle. Pendant le Protectorat Français (1912-1956), Casablanca a été soumise à un processus d’occidentalisation et de modernisation, menant à une dualité de la structure urbaine typique du monde oriental islamique de l’époque, comprenant des villes anciennes et nouvelles contrastées.
Le développement spatial urbain de Casablanca qui s’est ensuite opéré, a été forgé par plusieurs générations d’urbanistes. Ce développement a été soumis à de fortes divergences entre planification et réalité, ainsi qu’à des objectifs de planification en perpétuel changement. En conséquence, Casablanca est devenue une construction compacte mais hétérogène, semblable à un « puzzle urbain ».
La période qui a suivi l’indépendance nationale a été caractérisée d’une part par une très forte croissance de la population, accompagnée d’une très grande « consommation » des terres. Jusqu’aux années 1990, l’extension de Casablanca s’est opérée essentiellement de façon concentrique. Depuis l’abandon de la zone d’expansion, notamment la zone côtière située entre Casablanca et Mohammédia, la pression de l’urbanisation s’est détournée vers les franges urbaines. Un examen plus précis du modèle d’urbanisation révèle qu’en plus des zones situées en bordure de Casablanca, et limitant son noyau « initial », le modèle dominant actuel est fortement dispersé. En termes spatiaux, la relation urbain-rural continue d’avoir une importance cruciale – d’une antithèse urbain-rural, à une continuité urbain-rural» (voir l’encart spécial du numéro 74 de Topos: Urban Agriculture Casablanca – Design as an Integrative Factor of Research / Agriculture Urbaine à Casablanca – Design comme Facteur Intégratif de la Recherche, page 10).





